vendredi 26 janvier 2007
Variations sur le thème de l'ennui
Et la revoilà avec ses grands airs. Parée de ses atours de toujours, la
mélancolie vient à moi. Je la sens s'insinuer, mais reste là, impuissante.
Elle use chaque fois des mêmes ruses, et pourtant je ne l'évite. Elle sait
y faire la garce : je suis vide sans elle, bouffée de regrets avec. La
douleur, hypocrite, est sa moitié. Elles s'attaquent à moi, s'y mettent à
deux. La mellon collie me paralyse, puis laisse le doux leurre équipé de
ses lames me lacérer le vital. Une stratégie maintes fois éprouvée. Elles
n'ont pour le moment jamais achevé leur tâche. L'espoir et l'instinct de
survie, leurs ennemis, ont toujours fini par les repousser. Mais qui me
dit qu'il en sera de même cette fois-ci ? Après tant d'années, la question
de l'internement, d'un suivi, se poserait presque sur mon épaule. Les
diarrhées bien placées n'ont jamais su que repousser les assauts, signer
des armistices jusqu'à la prochaine offensive.
Elle se fait d'abord passer pour un doux frisson sans température, puis se
diffuse pianissimo dans les courants bientôt hémiplégiques des sens, des
idées. Elle ouvre la Pandore du questionnement vain, du fantasme
impossible à assouvir, de l'étau qui se resserre toujours plus mais jamais
ne met fin au calvaire.
Je me sens glisser vers toi, et m'y complais lâchement. Ah ! Mon ennui,
nous sommes proches, depuis si longtemps. Ma machine à créer du mot, à
encrer ce qui m'ancre au monde, le fixer en mon dehors. Ce n'est pas une
question de volonté, mais d'abandon. Lâcher prise, se laisser tomber, ne
pas résister à ton attraction. Se détacher et puis se rendre compte. Envie
de gésir. Ne plus les comprendre, ne plus rien distinguer que leurs
piaillements inutiles, incessants. Devenir folle de les voir si
suffisants, centrés sur eux. Devenir folle, surtout, de se retrouver en
eux. Profiter du silence répit. Être de nouveau dépitée.
Je revois mes plaies. Leurs traces sont toujours visibles, l'érosion ennui
ne les a pas éprouvées. Ces marques-là, il les entretient plutôt. Il tente
de me ramener à la conscience, de graver à vif des sillons baroques dans
ce que cette vie a trop poli. Une opération sans anesthésie, supposant
réaction.
Aujourd'hui le temps de chien colle à ma chienne d'humeur. Il pleut comme
je pleure : peu mais acide. Il pleure dans mon coeur, comme il pleut sur
la ville, quelle est cette langueur qui pénètre mon coeur...
Claire Le Pennec
samedi 13 janvier 2007
Poème
Un petit poème pour que les rwandais retrouvent espoir en eux :
Rwanda
Hutu et Tutsi
Je
voudrais refaire notre histoire avec des si
Si
tout s‘était passé autrement Rwanda,
6
avril 94 Lieu où tout devient atroce
Un
avion et la mort du président
Et
tout bascule en génocide
Une
nation est mise à mort en un instant.
Tutsi
et Hutu, notre récit n’est pas encore fini :
Si
tout devenait mieux qu’autrefois,
Une
fois pour toute
Si
dorénavant tout est bien chez nous ;
Le
pays aux mille collines
Peut
se mettre en route
Vers
sa destinée qui à l’horizon se dessine.
Pierro alias Dagui